J’agis pour Déogratias Mushayidi

250 journalistes ont été emprisonnés en 2018. Une bonne nouvelle :  le journaliste camerounais Michel Bien Tong, soutenu par l'ACAT, a été libéré le 14 décembre 2018. Il avait été condamné par le Tribunal militaire de Yaoundé pour avoir critiqué les autorités camerounaises dans la gestion de la crise anglophone. Il risquait la peine de mort.Mushayidi, est emprisonné depuis 9 années, victime de l’oubli. À l’heure où le président Paul Kagame a gracié plus de 2 000 détenus, l’ACAT appelle les autorités rwandaises à faire un geste humanitaire et à libérer ce militant non-violent.

Le 19 / 02 / 2019

Militer pour la paix

Déogratias Mushayidi  a toujours milité de manière non-violente en faveur de la paix et la démocratie au Rwanda. Tutsi, il a perdu sa famille durant le génocide de 1994, où plus de 800 000 Tutsis ont été massacrés. M. Mushayidi était alors le représentant en Suisse du Front Patriotique Rwandais (FPR), la rébellion armée dont Paul Kagamé – aujourd’hui président de la République - était l’un des principaux leaders politiques. À la fin de la guerre, M. Mushayidi  rejoint le secrétariat général du FPR au Rwanda. Constatant des exécutions extra-judiciaires commises en toute impunité par le FPR, il décide au bout de 6 mois de quitter son poste. Il entame alors une carrière de journaliste au Rwanda et critique ouvertement les dérives autoritaires du FPR.

Sous le poids des menaces, il s’exile en Belgique en 2000 et obtient le statut de réfugié. En Europe, il se mobilise pour rassembler Hutus et Tutsis en vue d’un changement politique pacifique au Rwanda. En novembre 2008, il fonde en Belgique, le parti Pacte de défense du peuple (PDP), dont il devient président.

L’année suivante, il rejoint le continent africain et tente de rassembler la diaspora rwandaise. Son voyage s’arrête en mars 2010 où il est arrêté en Tanzanie avec un visa périmé sur un faux passeport burundais. Il est transféré successivement au Burundi puis au Rwanda.

Un prisonnier oublié dans les geôles rwandaises

M. Mushayidi est condamné six mois plus tard, le 17 septembre 2010, à la prison à perpétuité par la Haute Cour de justice après avoir été reconnu coupable, au cours d’un procès expéditif sans témoin à charge, de « fausse déclaration pour l’obtention d’un passeport burundais, propagation de rumeurs incitant à la désobéissance civile et recrutement d’une armée pour agresser le pouvoir en place ». Il fait appel de ce procès politique. En février 2012, la Cour Suprême confirme sa peine.

Depuis, M. Mushayidi se comporte de manière exemplaire en prison. Sans famille au Rwanda (sa femme et ses deux enfants habitent au Canada), il reçoit peu de visite. La communauté internationale et la société civile l’ont oublié et ne plaident plus sa cause depuis que sa détention a été officialisée au Rwanda. Alors que l’opposante Victoire Ingabire, a été libérée le 15 septembre 2018 (en même temps que 2 140 autres détenus), M. Mushayidi  reste désespérément emprisonné. Pourtant, il n’a jamais été violent et a toujours plaidé pour une nation rwandaise unie dans la paix. Ensemble,  exigeons la libération de Déogratias Mushayidi !   

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